Se lancer dans le jardinage en biodynamie

2, Mai 2018 by

Se lancer dans le jardinage en biodynamie

Vous avez probablement entendu le terme « biodynamie » pour désigner la production de certains vins. En effet la biodynamie appliquée à la viticulture est aujourd’hui un gage de qualité (bien qu’il faille aussi être un bon vigneron). Citons par exemple les vins de la Maison M. Chapoutier, dont de multiples cuvées atteignent la note ultime du guide Parker ! Mais la biodynamie n’est pas qu’attribuée à la viticulture mais plus globalement à l’agriculture et tous les domaines qui en découlent dont le maraichage et le jardinage pour les particuliers. Qu’est-ce que la biodynamie, quelle en est la philosophie ?

La biodynamie promeut une agriculture respectueuse de l’environnement, de la terre et de sa fertilité, de l’observation fine de la nature, de son intérêt à produire des aliments sains pour le développement de l’homme et les animaux, une nourriture de qualité pleine de vitalité.

Dans cet article je vais tenter de définir la biodynamie à travers 3 points :

  • L’origine de la biodynamie.
  • La qualité de l’aliment (qui sera survolé ici, un article complet y sera dédié).
  • La biodynamie à travers le désir d’autonomie et la notion d’organisme agricole.

Puis, en tant que jardinier, comment appliquer la biodynamie au jardin potager et au verger ? C’est le propos de mon premier ouvrage, paru chez Rustica, et dont le titre est « Le guide du jardinage biodynamique ». Je vous le présente en dernière partie de l’article.

L’origine de la biodynamie

Les bases de la méthode biologique-dynamique, appelée aujourd’hui biodynamie furent données par le philosophe et anthroposophe Rudolf Steiner en 1924 dans « Le cours aux agriculteurs », sous forme de huit conférences. Ce cours vit le jour pour donner suite aux sollicitations de plusieurs agriculteurs, médecins, vétérinaires et scientifiques de l’époque qui observaient une baisse de la qualité des aliments, de la fertilité de la terre et des animaux. soit diverses atteintes à la santé de l’homme et à l’ensemble des créatures vivantes ainsi de la fertilité du sol. En effet, au début du XXème siècle, les pratiques de l’agriculture avaient déjà été chamboulés :

  • Au siècle précédent, les travaux de Justus von Liebig sur la théorie des substances nutritives permit à la chimie agricole et aux industriels de se développer, avec le soutien fort des administrations ! C’est la naissance de la fertilisation chimique.
  • La propagande fonctionne, l’emploi des engrais artificiels (chimiques) augmente, leur usage dans les campagnes est de plus en plus fréquent.
  • Dès 1911 le procédé Haber-Bosch permit de synthétiser du nitrate à partir de l’azote atmosphérique.
  • Au sortir de la première guerre mondiale les explosifs furent recyclés en engrais.

Rudolf Steiner – Conserver une terre fertile, une préoccupation fondamentale en biodynamie

Pour répondre à ces changements inquiétants, (notons que le sujet est toujours d’actualités, presque un siècle depuis le cours, et depuis l’emploi des pesticides est apparu), Steiner propose dans le cours une approche bien plus globale de l’agriculture, loin des nouvelles doctrines de l’agronomie, avec la volonté de redorer le bon sens des pratiques ancestrales. Sans pour autant se détourner de la science, il va proposer une méthode dont les pratiques sont respectueuses de l’environnement et sont basées sur la vision anthroposophique.

Steiner démarra des expérimentations deux ans précédant le cours, avec Pfeiffer et Wachsmuth. A l’issu du cours, les participants créèrent un groupe, un cercle de recherche, qui élabora et testa les préparations indiquées par Steiner. Les préparations furent nommées, plus tardivement, de 500 à 507 : La 500 et 501 sont pulvérisées sur la terre et les plantes, les préparats 502 à 507 sont utilisés pour le compost. Steiner mourut l’année qui suit ce cycle de conférences, en 1925 à l’âge de 64 ans.

Les personnalités qui promurent et développèrent la biodynamie furent E. Pfeiffer, A. Podolinsky, et Maria Thun, à qui l’on doit la découverte de la relation entre la position sidérale de la Lune et le développement de certaines parties végétales (racines, feuilles, fleurs, fruits et graines).

Aujourd’hui, la plupart des calendriers lunaires sont basés sur les travaux de M. Thun, mais en bien plus simplifiés ! Ainsi, les rythmes planétaires ne sont pas pris en compte, alors qu’ils ont clairement étés étudiées par M. Thun. A ma connaissance seulement deux calendriers prennent en considération ces rythmes :

  • Le calendrier des semis d’après Maria Thun et Matthias K. Thun édité par le MABD
  • L’agenda biodynamique lunaire et planétaire de Pierre et Vincent Masson

De la qualité et la vitalité de l’aliment pour la santé

Aujourd’hui nous pourrions nous dire simplement qu’un aliment sain est issu de la culture biologique, il est cultivé dans un environnement de tout façon viciée par les pesticides environnants, les métaux lourds et autres pollutions issues des gaz d’échappements de nos véhicules et de l’industrie, mais au moins il aura poussé dans une terre fertilisée de manière organique, sans engrais chimiques, sans pesticides. Qu’en est-il de la valeur intrinsèque de l’aliment, nous nourrit-il bien ?

Je vous invite maintenant à faire un test très simple. Même sans pratiquer entièrement la méthode biodynamique, il suffit de vous procurer une variété de carotte issue d’une sélection biodynamique (par exemple chez Germinance) et une autre issue d’une sélection conventionnelle. Cultivez les deux carottes dans la même terre en leur apportant les mêmes soins (sans pesticides, sans engrais chimiques, cela va de soi). A la récolte, goutez séparément les deux types de carottes, mieux faites le test à l’aveugle. Il ne vous faudra pas longtemps pour vous rendre compte que le goût de la carotte biodynamique est supérieure, sa saveur est plus prononcée, plus fine, plus sucrée.

Est-ce suffisant pour définir la qualité d’un aliment ?

Depuis l’origine de la biodynamie, les chercheurs ont mis au point des méthodes pour prouver la meilleure qualité et vitalité des aliments biodynamiques. Je prépare un autre article dédié à cette question d’appréciation globale de la qualité d’un aliment, non seulement selon les critères nutritionnels et de mesure de résidus de pesticides et de fertilisation organique.

Vers l’autonomie et la notion d’organisme agricole

Dans son cours aux agriculteurs, Rudolf Steiner a mis en avant l’importance qu’un domaine agricole, puisse vivre en indépendance, sans importer de l’extérieur, c’est-à-dire qu’il soit un organisme agricole individualisé et autonome. Un tel domaine est ainsi en polyculture élevage car la biodynamie est interdépendante de l’élevage des animaux. Par l’intermédiaire du fumier transformé en compost, la fertilité est rendue à la terre. Aujourd’hui cette autonomie va au-delà de la simple fertilisation, elle concerne également les semences. Un domaine agricole doit pouvoir semer et récolter en toute liberté ses semences, adaptées à ses conditions spécifiques de culture (climat et microclimat, terre).

En biodynamie, les animaux font partie intégrante de l’organisme agricole – les cornes de vaches ne sont pas coupées. © Aurélie Chevillon

Prenons une laitue cultivée en conventionnel :

  • La semence est généralement issue d’une sélection qui répond bien aux engrais.
  • Cette laitue est forcée depuis la germination et ne fait « aucun effort » pour prélever dans la terre (si elle a la chance de pousser tout de même dans la terre) les nutriments et l’eau nécessaires pour sa croissance. En l’espace de plusieurs semaines elle sera prête à être récoltée.
  • Le temps c’est de l’argent, l’exploitant agricole n’a plus qu’à préparer de nouveau la terre pour une nouvelle culture…
  • Achetons une de ces laitues, préparons-la avec essorage, en quelques jours elle va flétrir et commencer à moisir, typique d’un terrain biologique acide-oxydé.
  • Une laitue de votre jardin issue d’une semence d’un grainetier biologique ou biodynamique, flétrira certes comme la laitue conventionnelle, mais les moisissures viendront plus tardivement que dans le cas de la laitue conventionnelle.

Jardiner en biodynamie

Le jardinage en biodynamie c’est donc, dans la mesure du possible, de considérer son jardin comme un organisme autonome. Pratiquement, c’est assez difficile car les animaux (d’élevage) ne sont que très rarement présents, de plus, produire des semences demande un temps considérable en tant que jardinier amateur. Le jardinage biodynamique est comme jardiner en biologique mais en ajoutant des techniques spécifiques à la méthode. Ce sont les préparations spécifiques et le respect, dans la mesure du possible, des rythmes cosmiques.

Les préparations spécifiques de la biodynamie

Ces préparations, que nous allons citer ci-après sont employées sur la terre, les cultures et incorporées au compost : Elles sont préparées à base de bouse de vache, de silice et de plantes qui subissent une préparation spécifique. Ces préparations sont toujours apportées à très petite dose.
Dans le cours Steiner présente comment préparer la bouse de corne, la silice de corne ainsi que les préparations pour le compost.

  • La 500 ou Bouse de Corne a une action stimulante sur la vie du sol, la germination des graines.
  • La 501 ou Silice de Corne est pulvérisée finement sur les plantes, elle régule leur croissance, et renforce les plantes face aux maladies cryptogamiques.
  • La 502 à base d’achillée millefeuille, la 503 à base de Camomille matricaire, la 504 à base d’ortie, la 505 à base d’écorce de Chêne, la 506 à base pissenlit et la 507 à base de Valériane sont toutes employées dans le compost.
  • D’autres préparations spécifiques sont développées plus tardivement, la 500P par Alex Podolinsky, préparée comme la 500 mais dans laquelle on a ajouté les six préparations du compost, elle s’emploie comme la 500 sur des zones ou le compost biodynamique est pas ou peu épandu. Le CBMT (Compost de Bouse de Maria Thun) élaboré par Maria Thun et appliqué au sol favorise la vie de la terre et permet de favoriser la dégradation de la matière organique, par exemple après l’incorporation superficielle des engrais verts.

Les préparations 500, 500P, 501 sont dynamisées pendant une heure dans une eau tiédie avant d’être employées sur la terre et les plantes. D’autres préparations, pas seulement spécifiques de la biodynamie sont également utilisées : Ce sont des tisanes de plantes comme l’absinthe, l’ortie, la camomille, l’écorce de chêne, le pissenlit, la valériane. La décoction de prêle, le thé de compost, l’extrait fermenté de consoude, l’extrait fermenté d’ortie, le lait etc…

Étapes de dynamisation de certains préparats dans une eau tiédie : Création d’un vortex puis phase de chaotisation, ce mouvement est répété durant un temps déterminé. © Alois Lageder, © Benoit Tarlant

Jardiner avec les rythmes cosmiques en biodynamie

Nous l’avons évoqué ci-dessus, jardinier en biodynamie c’est également respecter, quand c’est possible, le rythme de la journée, des saisons, et lunaires. Bien évidemment, les conditions météorologiques et du sol priment sur la décision d’un semis, d’une plantation.
Citons le rythme tropique de la lune (lune montante et descendante) qui a une influence favorable sur les organes aériens des plantes, par exemple, c’est une bonne période pour la récolte des légumes fruits. En lune descendante nous sommes dans une période favorable au repiquage, rempotage et plantations.

Mon livre, le guide du jardinage en biodynamie

Mon livre, « Le guide du jardinage biodynamique » est idéal pour une découverte de la biodynamie et son application directe au jardin, il conviendra à un lecteur néophyte. Si vous pratiquez déjà la biodynamie, les concepts de base vous seront familiers, j’y apporte mes connaissances de la pratique potagère en détaillant 60 fiches de légumes, petits fruits et plantes aromatiques. Ce livre fait 175 pages illustrées et enrichies de conseils pratiques pour appliquer la biodynamie au jardinage et particulièrement au potager.

Au sommaire :

  • Les grands principes de la biodynamie
  • L’origine de la biodynamie
  • La terre, les plantes et les rythmes cosmiques
  • Le jardinage biodynamique
  • Les préparations biodynamiques
  • La terre et sa fertilité
  • Les semences en biodynamie
  • Les fiches de cultures du potager biodynamique
  • Les légumes racines
  • Les légumes feuilles
  • Les légumes fleurs
  • Les légumes fruits
  • Les petits fruits
  • Les plantes aromatiques

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Soit 8,00€ pour la France Métropolitaine, au total 26,95€

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A propos de l'auteur :

Pour mes voisins jardiniers je suis un drôle de bio qui ne quitte jamais son appareil photo et son trépied : "Il ferait mieux de désherber son jardin plutôt que de prendre ses coccinelles en photo..." Je suis donc un fervent jardinier du potager naturel ou bio, depuis 2012 je partage cette passion avec vous via Tous au Potager.

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