Comment récolter les semences de basilic

21, Nov 2016 by

Comment récolter les semences de basilic

Comme de nombreuses plantes au potager, le basilic est tellement généreux en graines qu’il serait dommage de ne pas les récolter ! Seulement ce n’est pas si évident au premier abord et ça demande quelques opérations que je vais détailler dans cet article.

Pour récolter les semences j’utilise les moyens du bord, je pourrais très bien améliorer la pureté de mes graines en me procurant toute une gamme de tamis, mais ce n’est pas mon métier et c’est pour vous montrer qu’on peut les trier avec finalement peu de matériel.
L’objectif est simplement d’obtenir un résultat satisfaisant en tant que particulier, ici on oublie le rendement, vous verrez, d’ici la fin de cet article que la nature est suffisamment généreuse.

Sélection des plants de basilic en cours de culture

Durant la saison de culture on repère les plus beaux plants, idéalement on aura prit soin de goûter et de sentir les feuilles pour voir si la saveur et le parfum sont bien ceux attendus. Comparez par exemple la saveur et senteur de chaque plant d’une même variété pour voir lesquels méritent d’être retenus. Les plants trop chétifs ou malades seront mis de côté, voir arrachés afin ne pas prélever leurs graines.

Doit on isoler les plants ?

Le basilic est allogame et entomophile, c’est à dire qu’il va privilégier la fécondation croisée par l’intermédiaire des insectes. L’organe mâle d’une fleur (pollen) ne peut féconder que l’organe femelle (pistil) d’une autre fleur.

Il y a donc un risque d’hybridation si d’autres variétés sont cultivées à proximité et si elles fleurissent au même moment. C’est pourquoi il est préconisé de garder 100 mètres entre deux variétés différentes si vous souhaitez garder les caractéristiques de la variété.

Quel déception, si comme moi vous cultivez plusieurs variétés ou si vous cultivez dans un jardin familial, il y a des chances que vos voisins cultivent également du basilic et que les variétés se croisent.

Les plants trop chétifs ou malades seront mis de côté, voir arrachés afin ne pas prélever leurs graines.Est-ce si dérangeant pour un particulier ? Je ne pense pas ! L’année suivante, vous allez semer vos graines et observer les nouveaux caractères. Vous allez peut être découvrir des individus intéressants, d’autres moins. Vous verrez ! Vous aurez dans tous les cas une belle diversité et des plantes qui s’adaptent petite à petit à votre terroir.

La récolte de semences en pratique

Particularités de la graine de basilic

En haut, les graines ayant été en contact avec de l'eau ont formé du mucilage

En haut, les graines ayant été en contact avec de l’eau ont formé du mucilage

Une technique parfois utilisée pour séparer les graines est d’utiliser la propriété de la densité de l’eau, on sépare ainsi les « déchets » plus légers que les graines. Chez le basilic ce n’est pas possible car dès que la semence est en contact avec de l’eau, il se forme en quelques instants un mucilage autour de la graine. Ce mucilage est difficile à sécher et lorsqu’il est enfin sec, fait s’agglutiner et coller les graines entre-elles (le mucilage est composé de sucres). Il faut donc utiliser une autre méthode pour séparer et isoler les graines de basilic.

Le matériel utilisé

Pour le tamisage j’ai utilisé un tamis n°8, assez grossier (2.78mm par maille), et une passoire fine, chinés tous les deux dans un vide grenier. Une brouette, une grande soucoupe et une boite pour stocker les semences.

Le battage

Ici les hampes florales et les plants sont complètement secs, je les coupe à la base. Je les ai récoltées fin octobre mais j’aurais pu le faire avant.

Dans une brouette, je bats les hampes florales pour décrocher les réceptacles des graines. Après battage on voit bien les réceptacles décrochés et encore très peu de graines.

Le tamisage

Je passe une première fois au tamis en frottant énergiquement pour bien séparer les semences des réceptacles. On commence à voir les graines après ce premier passage.

Second passage au tamis, beaucoup plus léger, de manière à retenir les déchets. Un tamis plus fin aurait été idéal, vu la taille des semences on pourrait choisir un tamis N°14 avec 1.8mm d’ouverture de maille. J’ai attendu quelques minutes après ce passage pour permettre aux petits insectes et araignées de fuir.

La ventilation : Inspirez, soufflez !

Je souffle sur les déchets pour les séparer des graines. Je brasse les graines dans la soucoupe et je renouvelle l’opération plusieurs fois jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant.

Dernier tamisage pour retirer les poussières

Un dernier tamisage avec la passoire fine, cette dernière va permettre d’éliminer les poussières, plus petites que les semences.

Et voilà, avec six ou sept plants de basilic j’ai récolté plusieurs milliers de semences. Une fois habitué ça va très vite, en moins de 15 minutes c’est fait.

Maintenant, pesto et pistou seront à l’honneur l’année prochaine !

A propos de l'auteur :

Pour mes voisins jardiniers je suis un drôle de bio qui ne quitte jamais son appareil photo et son trépied : "Il ferait mieux de désherber son jardin plutôt que de prendre ses coccinelles en photo..." Je suis donc un fervent jardinier du potager naturel ou bio, depuis 2012 je partage cette passion avec vous via Tous au Potager.

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1 Comment

  1. Bonjour,
    Mes concombres libanais ont presque tous été attaqués par le Mildiou. Auriez-vous des trucs pour l’année prochaine.
    Merci et bonne continuité.
    Henri-Paul Bronsard,
    Montréal (Québec)

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