Fin janvier, c’est la bonne période pour commencer quelques semis de tomates; en particulier pour les pressés qui en veulent très tôt, ou les chanceux qui ont une serre ;) Avant même de réaliser vos semis il est possible de prévenir le mildiou de la tomate, d’ailleurs cette astuce tient seulement en trois mots : Diversifiez vos variétés !

Si vous avez déjà jardiné un peu, et encore plus si vous êtes un jardinier chevronné, vous savez que les tomates sont fréquemment sensibles à un champignon, le mildiou. Cette maladie est un véritable fléau, elle empêche les plants de se développer jusqu’à les nécroser, les tomates qui l’attrapent sont immangeables et quand on arrive à ce stade la seule chose à faire est de détruire ses plants.

Heureusement les jardiniers biologiques ont plus d’un tour dans leur sac pour prévenir et guérir cette maladie, je vous invite par ailleurs à (re)découvrir mes deux articles sur ce sujet :

Comment identifier et lutter contre le mildiou de la tomate

15 points essentiels pour éviter le mildiou des tomates

 

Sans oublier le document pdf que j’ai rédigé (Réussir à tous les coups vos tomates biologiques) il suffit de vous inscrire à la newsletter du blog (ci-contre) pour le recevoir gratuitement.

Et enfin le très bon livre pdf de Nicolas

Livre Anti-mildiou

Rentrons maintenant dans le vif du sujet !

Dans cet article je tenais à marquer un point relativement important, celui de la diversité en qualité de protection.

Découvrez tout d’abord ma petite expérience de l’année passée :

J’ai planté une vingtaine de variétés différentes de tomates (3 plants de chaque variété). Trois variétés se sont montrées très sensibles au mildiou tandis que d’autres variétés n’en ont jamais attrapées. Vu la météo médiocre de l’été 2012 les variétés très sensibles ont partiellement contaminé les autres variétés. Au retour du beau temps et de la chaleur j’ai retiré les parties malades, un traitement biologique et fini le mildiou ! De plus j’ai occupé  deux emplacements ce qui m’a permis de conclure que c’était bel et bien ces variétés qui étaient sensibles et non pas leur emplacement qui était défavorable. Ayant manqué un peu de rigueur sur les noms des variétés (les journées n’ont que 24h) je peux tout de même vous dire que Summer Cider et Rose de Berne se sont montrées plutôt résistantes, tandis que Noire de Crimée et Precocibec ont étés plutôt sensibles. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas ! Je vais recommencer cette expérience cette année avec davantage de variétés. Bien entendu je ne manquerai pas de partager mes résultats sur ce blog !

Pourquoi la diversité est un facteur préventif face au mildiou ?

La monoculture est presque toujours prédisposée à la maladie dit Miguel Altieri. Nous sommes en monoculture lorsque tous les plants cultivés sont identiques. Nous pouvons cultiver une seule variété de tomate ou nous pouvons en cultiver plusieurs, dans le second cas, pour moi, nous ne sommes plus tout à fait en monoculture.

Lorsque nous cultivons une seule variété de tomate il y a deux possibilités :

Soit nous cultivons un hybride F1 et dans ce cas toutes les plantes sont des clones, elles réagiront de la même façon au mildiou (elles résisteront ou pas).

Soit nous cultivons une vraie variété et nous pouvons alors parler d’une population. Au sein de la population nous avons des individus, leur patrimoine génétique est varié. Les plantes réagiront toutefois plus ou moins de la même manière face au mildiou.

Lorsque nous cultivons plusieurs vraies variétés nous diversifions davantage les individus. L’ensemble des plantes cultivées offre un patrimoine génétique énormément plus varié que si nous avions des clones. De plus les vraies variétés sont au fil du temps adaptées à leurs écosystème et n’ont pas étés sélectionnées pour leur rendement ou leur tolérance aux pesticides comme le sont énormément d’hybrides F1

Ce qui est à notre plus grand avantage car au fil des générations les plantes se sont plus ou moins adaptées à tel ou tel type de mildiou et seront globalement plus ou moins résistantes. Dans tous les cas elles ne réagiront pas de la même façon au mildiou.

NB : Ce raisonnement est basé sur la théorie de la sélection naturelle de Darwin.

Revenons un peu plus dans le concret, où trouver vos variétés ?

Je vous conseille les sites suivants :

Germinance

Association Kokopelli

La ferme de Sainte Marthe

Et si vous avez un peu de mal à faire votre choix, je vous recommande le livre du Prince Jardinier, Louis Albert de Broglie, vous trouverez des fiches d’identités des tomates les plus connues avec à chaque fois l’avis du prince jardinier. Puis des recettes de cuisine avec des tomates. Inclut un poster qui comprend 650 variétés de tomates ! Attention ce livre risque de vous donner envie de toutes les tester ! De même si vous avez la possibilité, tous les ans Louis Albert de Broglie organise le festival de la tomate dans son château, le château de la Bourdaisière situé en Indre et Loire. J’ai eu l’occasion d’y aller en 2011, tout ce que je peux vous dire c’est que c’est à voir, son potager est tout simplement impressionnant et magnifique, à faire pâlir chaque jardinier amateur ;)

J’espère que cet article vous a plu, en tout cas j’ai vraiment aimé le rédiger ! En espérant que je vous ai un minimum convaincu de l’importance de cultiver de vraies variétés diversifiées pour prévenir le mildiou de vos tomates. N’hésitez pas à réagir à cet article en laissant un commentaire ci dessous. Et à très bientôt !