Au début de l’été le (la) jardinier(ière) appliqué(e), attentionné(e) et patient(e) peut être fier(e) de lui (d’elle), les grappes de tomates se forment bien, la nouaison à été bonne et les plants sont maintenant remplis de fruits, de plus grâce aux bonnes préparations conseillées par ce super blog (humour) le mildiou ne s’est même pas montré ! En étant un peu plus attentif on s’aperçoit avec désespoir que le bout de plusieurs tomates est malheureusement tout noir comme sur la photo ci-contre ! Que s’est t-il passé ?

Les tomates ont le symptôme typique de la nécrose apicale ou pourriture apicale, ou encore plus familièrement, le cul noir.

Pas de panique cette maladie ne se transmet pas, contrairement au mildiou qui peut se transmettre et se propager quant à lui très rapidement. Par contre il peut être difficile de mettre le doigt sur la véritable cause et elle peut aussi s’accentuer au fil des ans.

Les piments et poivrons peuvent également rencontrer ce problème.

Nous allons voir les principales causes de cette nécrose puis nous verrons les moyens préventifs et comment s’en sortir pour éviter que tout le plant en soit atteint.

Les causes et hypothèses

Calcium et stress hydrique

Nécrose apicale (cul noir) sur tomate

La nécrose apicale apparait lorsque la tomate est encore verte.

Je parle bien « des » causes car cette maladie peut être due à plusieurs facteurs.

Tout d’abord, la nécrose apicale est une maladie physiologique due à une mauvaise assimilation du calcium par la plante. Le calcium est mal absorbé et ne parvient pas jusqu’à l’extrémité des fruits.

L’hypothèse la plus courante est que ce manque de calcium est lié à un stress hydrique, par manque d’eau. Il est rare qu’un sol manque de calcium. Si le calcium est mal acheminé jusqu’à à l’extrémité des fruits c’est probablement du à une circulation insuffisante de sève élaborée, dont le principal constituant est l’eau.

Bien que ce ne soit pas l’objet de l’étude suivante on peut voir que l’apport en eau à une influence sur la pourriture apicale :

Pour voir l’étude en entier suivez le lien : Optimisation de l’irrigation en culture biologique de tomate sous abri. (Mise à jour 2018 : la publication a été supprimée du site « ardepi.fr »).

Cette étude agronomique menée par le Grab (Groupe de recherche en agriculture biologique) montre que dans le cas d’une irrigation restreinte (30% d’eau en moins) le nombre moyen de tomates (sur une moyenne de 18 variétés) étant atteintes de nécrose apicale est de 2 par m² contre 0,1 par m² dans le cas d’une irrigation normale.

Soit 20 fois plus de fruits atteints de nécrose apicale dans le cas de l’irrigation restreinte.

On voit par cette étude que le facteur d’irrigation a une influence sur le nombre de tomates atteintes de nécrose apicale.

Dans cette étude les plantes en irrigation restreinte étaient tout de même arrosées régulièrement.  Dans votre potager il est fort possible que le nombre de fruits atteints soit bien supérieur, surtout si les plantes ont souffert sur une longue période d’un manque d’eau.

Autres causes possibles

Source : Ce document d’André Carrier sur Agrireseau

  • Manque de phosphore
  • Blocage de l’absorption de calcium par antagonisme avec le potassium, le magnésium et l’azote ammoniacal. Ce dernier peut être favoriser lors d’une fertilisation chimique.
  • Sol pas assez réchauffé
  • Salinité trop élevée
  • Racines en mauvais état. Binage trop profond, agent pathogène, etc…

Un effet également variétal

Vous observerez que certaines variétés sont plus prédisposées à avoir cette maladie. Ce qui va être le cas dans un jardin ne va pas forcément être le cas dans un autre. On dit que les variétés longues, les charnues sont plus sensibles à cette maladie; en réalité les autres formes sont aussi touchées. N’hésitez pas à partager votre retour d’expérience dans un commentaire ci dessous.

Que faire ?

En préventif

  • A la mise en place de la culture, apportez suffisamment de compost à votre plate bande et une bonne quantité dans chaque trou de plantation. Ayez l’image d’une éponge, le compost absorbe l’eau et retient l’eau puis il la restitue lorsque le milieu s’assèche
  • Toujours à la mise en place, apportez un peu de cendre de bois (attention au pH du sol), riche en potasse et en calcium.
  • Arrosez régulièrement et suffisamment (sans aller jusqu’à l’excès).
  • L’emploi d’un tuyau micro-poreux est une bonne solution, vérifiez aussi l’arrosage en carottant.
  • Paillez afin de maintenir l’humidité et la vie du sol (on favorise ainsi les mycorhizes, les micro-organismes en général et par conséquent la biodisponibilité des éléments, dont le calcium).

Corriger le tir en cours de culture

Si vos tomates sont déjà atteintes de nécrose apicale :

  • Retirez les fruits nécrosés. Vous pouvez éventuellement garder les moins atteints pour les laisser venir à maturité. Pas de problème pour les mettre au compost
  • Arrosez régulièrement et paillez si ce n’est pas déjà fait.
  • Même si l’arrosage est ré-équilibré apportez du calcium pour endiguer la pourriture (lait dilué, carbonate de calcium, sable calcaire)
  • Quelques jours après avoir corrigé le stress hydrique, les stomates de la plante vont se ré-ouvrir, pulvérisez alors un extrait fermenté de consoude à 5% (contient du calcium) le matin. L’absorption du calcium se fera en foliaire en complément du racinaire. De plus la potasse et le bore vont favoriser la fructification et la nouaison pour des nouveaux fruits sains.
  • Renouvelez ce traitement deux semaines plus tard.

En conclusion sur la nécrose apicale

Nous avons donc vu que cette maladie n’était pas pathogène et qu’une bonne prévention résidait dans un arrosage régulier et suffisant. Il est fort possible que l’origine de la nécrose soit autre, auquel cas il faudra vous pencher sur les autres cause citées dans l’article.

Dans tous les cas j’espère que cet article vous aura plus, n’hésitez pas à partager votre expérience sur le sujet en laissant un commentaire ci-dessous. D’ailleurs, avez-vous déjà eu ce problème ? Avez-vous réussi à le corriger, voir à le supprimer pour de bon au fil des années ? Comment y-êtes vous parvenu ? Qu’elles sont vos variétés les plus sensibles ? Et les plus résistantes ?