Comment gérer escargots et limaces au jardin potager bio

21, Mai 2016 by

Comment gérer escargots et limaces au jardin potager bio

Dans cet article je ne vous parlerai pas des pièges à bière, ou des barrages de sciure et cendre de bois ou de coquilles d’œufs. Certes, quel jardinier n’a jamais pesté et cherché une solution magique contre l’escargot qui a mangé sa salade où la limace qui a ratiboisé tous ses jeunes semis ? En effet, escargots et limaces sont pour la plupart des espèces de mollusques qui mangent les plantes. Mais toutes ne sont pas phytophages et certains escargots mangent même des œufs d’autres escargots ou de limaces. D’autres, encore plus utiles mangent les déchets végétaux. Escargots et les limaces ne sont donc pas tous à éradiquer du potager !

Où se cachent les mollusques ?

Une question récurrente que vous me posez est comment faire pour éradiquer les limaces et les escargots ? Je réponds qu’il suffit d’avoir un potager propre. Et c’est vrai, c’est la meilleure des prévention et ça fonctionne. Si vous supprimez tous ce qui se trouve au sol, les pots, les planches, les jardinières, les seaux, les châssis démontés, les adventices, les tas de détritus etc… leurs abris étant absents ils vont aller voir ailleurs ! Seulement avoir un potager « propre » ne favorise en rien la biodiversité et l’équilibre écologique du jardin potager. Cependant cela peut être une bonne solution à proximité immédiate des stades et plantes sensibles (laitues, pépinière de semis)

cache-escargot

Bonne cache derrière des ardoises adossées à un châssis

Les piéger sans les tuer

Avec la technique de la planche : Déposer à même le sol une planche de bois sur sol humidifié de préférence. Mettre cette planche à côté des endroits où ils viennent dévorer vos plantes. Laisser la planche toute une nuit et le matin, la soulever pour découvrir vos hôtes. Renouveler l’opération pendant quelques jours.

Il est alors inutile de les massacrer ! Vous pouvez tout simplement leur offrir gîte et couvert dans le tas de compost (mieux, de pré-compostage) car parmi vos hôtes certains vont manger vos déchets, ils vont participer à l’élaboration du compost ! Pour les mollusques qui n’aimeraient pas les restes, une possibilité est de placer autour du compost des plantes qui vont les nourrir et qui poussent facilement, par exemple du lupin, œillet d’inde, zinnia, moutarde etc… Il faut juste accepter que ces plantes seront très probablement mangées et que si vous voulez cueillir de beaux zinnias pour vos bouquets, il faudra les planter à un autre endroit du jardin.

pré-compostage

Escargots déposés dans le tas de pré-compostage

Ainsi, nos chers mollusques se plairont dans ce petit nid douillet et ne viendront pas de sitôt revisiter vos salades.

Favoriser les prédateurs

Qui sont les prédateurs naturels ?

  • Les hérissons
  • Des oiseaux (grive, merle, fauvette)
  • Les grenouilles et crapauds
  • Les vers luisants au stade adulte et larvaire
  • Les mille-pattes carnivores
  • Les carabes
  • Les lézards
  • Et d’autres (liste non exhaustive)

Comment les favoriser ?

En disposant par exemple au sud un tas de pierre ou un muret avec des caches pour favoriser les lézards. Si vous avez la chance d’avoir des hérissons offrez leur un abri, ou tout simplement un tas de branches à proximité du jardin.

lezard

Un muret exposé au sud offre un endroit idéal pour les lézards

Garder des zones naturelles et des haies à proximité du potager pour l’implantation des prédateurs (carabes, oiseaux, etc…)

Autres prédateurs

Pourquoi ne pas adopter un couple de canards coureurs indiens à mettre de temps en temps au potager ? Ils sont très efficaces pour se nourrir des mollusques.

Les attirer, les repousser

Plantes non appétentes

Les limaces et escargots ne mangent pas, ou ne sont pas vraiment attirées par la capucine, le souci, le pavot de Californie, la bourrache, l’Achillée millefeuille, toutes les Alliacées, la plupart des plantes aromatiques comme le thym, le romarin, la mélisse, la marjolaine, l’absinthe, la lavande etc…

Plantes attractives

J’ai cité quelques plantes ci dessus, la moutarde, le zinnia, la monarde et bien entendu de nombreux légumes comme la laitue, les haricots, les jeunes Cucurbitacées. On a aussi les centaurées, les dahlias etc…

Listes non exhaustives. Si vous souhaitez contribuer à ces deux listes de plantes, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci dessous, je rajouterai à la suite ou je ferai un tableau.

Essayer des combinaisons de plantes en push-pull

C’est plutôt une idée qu’une mise en œuvre déjà testée, mais si ces chers mollusques ravagent vraiment votre potager, il pourrait être intéressant de se pencher la dessus. En quoi ça consiste ? C’est une technique utilisée en lutte biologique dans l’agriculture, l’objectif est de repousser les ravageurs (push) avec des plantes répulsives qui sont mêlées à la culture principale (par exemple vos laitues) et de les attirer (pull) vers des plantes situées en périphérie du champs (du potager). En reprenant quelques plantes citées ci dessus vous avez la possibilité de tester des combinaisons.

Sofie Meys présente dans ce livre, je fais fuir les escargots et les limaces, de nombreuses plantes attractives et d’autres non appétissantes pour nos mollusques. Je rejoins le point de vue de l’auteur à 100%.

Mieux gérer ses semis

Le stade critique est à la levée des plantes. Si vous faites un semis en pleine terre et qu’il ne reste plus aucun plant quelques jours après la levée il y a de quoi être dégouté !

Une bonne alternative est de privilégier les semis en serre ou à l’intérieur, (véranda, à côté d’une fenêtre), sur un balcon et d’attendre le bon stade pour repiquer les plantes.

Par exemple, je sème souvent mes laitues en mini-mottes, et je les place sur mon balcon en attendant qu’elles soient suffisamment développées pour être repiquées au potager.

Semis en mini mottes

Semis de laitues en mini mottes

Accepter la part de la nature

Malgré toutes ces actions vous aurez probablement quelques plantes dévorées. Soit. Mais c’est ça aussi la philosophie d’un potager bio, le jardinier doit être capable de comprendre et d’accepter qu’en partageant ce petit bout de terre avec la nature, une partie de ce qu’il aura semé et planté sera mangé par d’autres acteurs de son environnement.

Je vous dis ça, mais moi le premier, quand une jeune laitue est ratiboisée je peste (ou plutôt pestais) contre le mollusque. Maintenant, je l’accepte plus facilement et je prévois bien plus de plants dans ma pépinière, ainsi dès qu’un plant disparait, je plante un nouveau aussitôt.

Astuces complémentaires

Dans la mesure du possible arroser le jardin le matin plutôt que le soir, les mollusques aiment l’humidité et surtout vivre la nuit. Un sol qui aura eu le temps de sécher avant la nuit les attirera un peu moins.

Si vous avez une insomnie, baladez-vous au potager durant la nuit avec votre lampe frontale, collecte de mollusques assurée !

A propos de l'auteur :

Pour mes voisins jardiniers je suis un drôle de bio qui ne quitte jamais son appareil photo et son trépied : "Il ferait mieux de désherber son jardin plutôt que de prendre ses coccinelles en photo..." Je suis donc un fervent jardinier du potager naturel ou bio, depuis 2012 je partage cette passion avec vous via Tous au Potager.

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5 Comments

  1. mathilde

    Quand on prélève les escargots sous les tuiles du jardin, il faut les expédier loin : ils peuvent parcourir 30 m en une nuit!
    Les autres plantes qu’ils aiment sont les crucifères comme le colza.
    J’ai tout essayé, mais j’avoue que je suis obligée de tolérer une grande perte de mes plants. Mais c’est la nature!
    Je me dis que quand mon jardin sera devenu un écosystème équilibré, il y aura moins de gastéropodes. J’ai aussi supprimé le grillage autour de mon terrain (avec accord des voisins) pour laisser aller et venir les animaux (hérissons, crapauds, …)
    Merci pour vos conseils!

  2. Philippe

    Pour ma part j’utilise une barrière « physique » : j’ai construit avec 4 planches un petit enclos pour les salades. J’y ai ajouté une bordure métallique recourbée (de type rail de plaque de plâtre à l’envers) que ces chers mollusques ont du mal à escalader. J’en retrouve encore de façon anecdotique, mais rien à voir avec les dégâts que je pouvais subir auparavant!
    Pas de produit, réutilisable en le déplaçant d’une année sur l’autre, et je peux même semer en place directement!

  3. Valère

    J’ai mis pour ma part des paillettes de chanvre pour les plantes les plus exposées que j’ai regroupé sur la même planche de culture.Cela semble fonctionner. J’ai un  » jeune  » jardin en permaculture ( 3ans) et cette année il me semble que l’équilibre se fait…

  4. Hommel

    je veux juste vous dire que vos articles -en plus d’être passionnants -sont magnifiquement écrits. Tout particulièrement celui sur les sauges que j’ai trouvé exceptionnellement beau, doté d’une qualité très littéraire. Merci pour les savoirs que vous partagez, pour les connaissances que vous nous offrez et pour le plaisir de vous lire.

    • Aurelien

      Bonjour et merci Martine,
      Dans cet article sur la sauge le talent d’écriture revient à Maurice Maeterlinck, j’ai en effet cité un passage de son livre « l’intelligence des fleurs » écrit en 1907. A chaque fois que je lis ses écrits je suis sous le charme de son écriture, j’adorerais avoir un style similaire !
      A très bientôt,
      Aurélien

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