La cladosporiose de la tomate – Identifier et agir – Passalora fulva

19, Juil 2019 par

La cladosporiose de la tomate – Identifier et agir – Passalora fulva

La cladosporiose de la tomate est une maladie cryptogamique due au champignon Passalora fulva. Principalement foliaire, elle se manifeste par des taches jaunes sur le dessus des feuilles et un feutrage blanc devenant marron à la face inférieure. Si elle arrive tôt en saison et n’est pas « traitée » elle aura une incidence sur le rendement des plants. Nous allons voir dans cet article comment reconnaître la cladosporiose, que faire pour l’éviter et comment réagir en cas d’attaque avérée.

Généralités

La cladosporiose est due au champignon Passalora fulva, pathogène qui a changé plusieurs fois de nom ; il s’appelait Fulvia fulva et Cladopsorium fulvum. Il existe différentes races au sein de l’espèce Passalora fulva.
La cladosporiose survient surtout en serre en conditions de mauvaise aération et d’humidité trop importante. Mais elle arrive aussi en extérieur sans abris. La plage de températures optimales pour le développement de la maladie se situe entre 20 et 25°C avec une humidité relative supérieure à 85%.

Symptômes

La cladosporiose affecte surtout le feuillage des tomates. On le reconnait à ses taches jaunes sur la face supérieure du limbe mais surtout au feutrage marron de la face inférieure. Si on laisse la maladie se développer, les taches se nécrosent puis les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes et se dessèchent. Quand on a l’œil on peut repérer les symptômes avant le stade de brunissement de la face inférieure. Elles sont d’abord blanchâtres, et peuvent faire penser à de l’oïdium. Mais ce sont surtout les taches jaune pâle qui interpellent et qui amènent à vérifier sous le limbe la présence du feutrage blanchâtre (stade précoce) ou marron (stade plus avancé).

Symptômes précoces sur la feuille du haut. La tache sur la face supérieure du limbe est nettement plus visible que le feutrage blanc sur la face inférieure. A un stade avancé les symptômes sont tout autant visibles sur les deux faces de la feuille.

Une autre caractéristique de la cladosporiose est qu’elle va atteindre en premier les feuilles du bas puis remonter le plant petit à petit. Non maitrisée, elle peut atteindre les tiges et les fruits.

La cladosporiose se déclenche de l’été – contrairement à ce qu’avancent certains grands sites supposés experts dans le domaine – jusqu’à l’automne. C’est toutefois en fin de saison où cette maladie se développe le plus fortement. Même si elle survient en fin de saison, il faut intervenir en cas d’attaque pour empêcher que les spores ne se conservent dans les débris ou sur la structure de la serre.

Que faire en cas d’attaque ?

Il est inutile de traiter (pas de traitements naturels) mais il faut réagir à temps en coupant les feuilles atteintes avant que les spores ne se disséminent sur les autres plants, les fleurs (entrainant la coulure), les débris végétaux et la structure et le matériel de la serre.

Voici quelques conseils en cas d’attaque:

  • Effeuillez les feuilles malades en évitant de toucher la sporulation (le feutrage marron) avec vos mains ou l’outil de coupe.
  • Pour cela placez un seau sous la feuille que vous coupez afin de la réceptionner et d’éviter au maximum que les spores ne se disséminent.
  • Évitez de composter les feuilles malades si vous ne maitrisez pas bien le processus de chauffe du compost.
  • Nettoyez l’outil de coupe et vos mains après avoir coupé les feuilles.

Que faire pour limiter les contaminations ?

Il existe des variétés résistantes à la cladosporiose. Le bémol est qu’elles sont souvent réservées aux professionnels et sont des hybrides F1, non reproductibles et aux qualités gustatives encore trop standardisées.

En cas de culture sous serre, il est important de bien aérer et d’avoir une bonne circulation de l’air. Après la culture, ne laissez pas les débris se décomposer à même le sol mais compostez-les à part. Cultivez un engrais vert d’automne pour faire une mini-rotation avant la culture de l’année suivante.

A propos de l'auteur :

Phytopathologiste, auteur et jardinier amateur passionné par la culture de légumes sains, exempts de pesticides. Retrouvez à travers mes articles ma vision d'un jardinage qui lie les pratiques traditionnelles, la permaculture, la biodynamie, l'agriculture biologique et l'agroécologie. J'ai écrit le livre "Le guide du jardinage biodynamique" paru aux éditions Rustica en 2018.

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