Tomates en bonne santé grâce à des pratiques préventives contre le mildiou

Mildiou de la tomate : 15 actions préventives pour éviter son apparition

Le mildiou de la tomate apparaît surtout en période humide et peut détruire une récolte en quelques semaines. Heureusement, de nombreuses actions simples permettent de réduire fortement les risques de contamination. Dans cette page, je vous partage 15 conseils préventifs, basés sur mes observations de terrain, pour protéger vos plants dès la plantation et tout au long de la saison.

Mise à jour 2025 : j’ai revu et actualisé ces conseils de prévention, en tenant compte de nouvelles observations faites sur mes cultures et des retours de nombreux jardiniers.

Comment éviter le mildiou de la tomate en 15 conseils

À noter : cette page rassemble uniquement des actions préventives pour éviter l’apparition du mildiou.
Si vos plants sont déjà touchés, consultez plutôt mon guide pour reconnaître et traiter le mildiou de la tomate.

1) A la plantation sélectionnez seulement des plants sains et forts. Si vous avez fait vos propres semis, une fois vos plants prêts à la transplantation, sélectionnez les plants les plus forts, les plus robustes et trapus, aux entre-nœuds courts et aux feuilles vertes foncées, ils reprendront mieux et seront plus résistants aux maladies. Retrouvez dans cet article d’autres conseils pour bien planter vos tomates.

2) Choisissez une exposition favorable. La tomate aime une exposition ensoleillée. L’exposition au vent modéré est également favorable. Les mildious sont des champignons dont les spores sont véhiculées par l’air. Une exposition ensoleillée et aérée permet au feuillage de sécher plus vite après la pluie, ce qui limite fortement les contaminations.

3) Plantez dans un sol favorable. La terre doit être fertile et humifère, suffisamment drainante et équilibrée. La terre doit être assez réchauffée avant de planter les tomates. Un déséquilibre favorise toujours une maladie.

4) Arrosez convenablement. Ne jamais arroser les feuilles et la tige de la tomate mais arroser au pied. Bannir les asperseurs et privilégier le goutte à goutte ou se contenter d’arroser à l’arrosoir. Vos tomates auront meilleur goût en ayant moins d’eau. Il vaut mieux que le plant de tomate soit en léger stress hydrique que le sol soit saturé d’eau. Arrosez peu, mais en profondeur : un sol trop humide favorise plusieurs maladies, dont le mildiou.

5) Taillez les plants aux moments favorables. Si vous taillez les gourmands, faites-le uniquement les journées ensoleillées et dans la mesure du possible aux heures les plus chaudes de la journée. La blessure provoquée en arrachant les gourmands favorise la porte d’entrée au mildiou. En coupant les gourmands à l’heure la plus chaude et au soleil la blessure va sécher plus rapidement. Si vous coupez les gourmands au sécateur (ce qui n’est pas nécessaire) désinfectez régulièrement votre outil à l’alcool à 70°.

6) Évitez de blesser les plants. Manipulez avec soin vos plants de tomates, une petite coupure est toujours une porte d’entrée potentielle au mildiou. Il n’est pas nécessaire d’effeuiller les plants au fur et à mesure de la récolte des plants. Toutefois si des feuilles se dessèchent naturellement retirez-les dans les mêmes conditions que le point 5.

7) Mettez de l’ortie sèche dans le trou de plantation. Lors de votre transplantation finale faites un trou plus profond que celui de la motte, mettez au fond quelques feuilles et tiges d’orties sèches, recouvrez de terre, puis planter votre plant de tomate. L’ortie de part sa composition favorisera la bonne santé et la bonne croissance de la tomate.

Note 2025 : cette ancienne pratique n’est plus recommandée (risque de fermentation). Je la laisse ici pour mémoire, mais je conseille plutôt les extraits fermentés d’ortie ou de consoude.

8) Plantez à la bonne date. La tomate est une plante gélive, il faut donc attendre la fin des gelées avant de la planter vos tomates au potager. On dit que les dernières gelées tombent après les saints de glace (Estelle, Achille et Rolande, respectivement les 11, 12 et 13 mai). Cependant si vous êtes situé au Nord de la Loire je vous conseille d’attendre la fin de la Lune Rousse qui se situe vers le 20 mai.

9) Paillez vos tomates. Il est possible de pailler vos plants avec de l’ortie, comme dans le point 7 elle diffusera ses bons éléments dans le sol. Essayez aussi le paillage de consoude et de prêle des champs. Tout autre paillage est aussi bienvenu tant qu’il reste naturel, il limitera l’évaporation et en se décomposant nourrira la plante.

10) Diversifiez. Mettez en place plusieurs variétés de tomates. Elles ne réagissent pas toutes de la même façon face au mildiou. De même diversifiez entre variétés précoces, de mi-saison et tardives.

11) Distancez suffisamment vos tomates. La meilleure façon de perdre le contrôle sur le mildiou est de planter vos tomates trop serrées les unes des autres.  Dans de nombreux ouvrages de jardinage il est conseillé de distancer les tomates de 50 cm. Ce n’est pas assez ! Laissez 75 cm à 1 m entre deux plants et mettez des plantes compagnes entre chaque tomate (basilic, persil, œillet d’inde, ciboulette chinoise).

12) Cultivez en biodynamie. Ces deux conseils s’adressent aux jardiniers qui pratiquent la biodynamie. Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez passer au point suivant. Si vous avez le temps plantez et occupez vous des tomates seulement les jours fruits. Référez-vous à un calendrier lunaire biodynamique.

13) Toujours en biodynamie. Faites des tisanes à vos plantes. D’après le livre de Maria Thun, Mon année au jardin bio-dynamique trois types de tisanes lui permettent d’avoir des plants en bonne santé tous les ans. Ces tisanes sont la camomille, l’écorce de chêne et la prêle des champs.

14) En curatif. Si vos plants ont tout de même attrapé le mildiou vous pouvez tenter un traitement naturel avec des PNPP (Préparations naturelles peu préoccupantes). Purin de prêle, extrait de pépin de pamplemousse. Ces traitements restent efficaces uniquement si le mildiou est repéré très tôt.

15) Alternative, la serre. Si avec tous les moyens précédents mis en œuvre vous pensez tout de même avoir un climat à risque, optez pour une serre ou un abri à tomates. Ils permettront de limiter la contamination et vous pourrez récolter vos tomates sur une plus longue durée qu’en extérieur. Un simple abri anti-pluie ou une bâche ouverte sur les côtés peut déjà réduire la pression du mildiou de 70 à 80 %.

Je n’ai volontairement pas intégré la bouillie bordelaise, car si elle est acceptée en bio, elle sature tout de même les sols en cuivre en cas d’utilisation répétée, est phytotoxique pour certaines plantes, bioaccumulatrice par certains organismes et reprotoxique pour les mammifères dont l’homme.Toutefois si vous décidez de l’utiliser, faites le en préventif, protégez-vous lors du traitement et lavez bien vos tomates avant de les consommer.

Mise à jour 2025

Je déconseille définitivement l’ortie au fond du trou de plantation (risque de fermentation locale).

L’importance de la ventilation du feuillage est désormais confirmée comme l’un des meilleurs leviers contre le mildiou.

Les traitements naturels (prêle, bicarbonate, extraits) fonctionnent mieux lorsqu’ils sont appliqués tôt et sur plantes déjà assainies.

Mise à jour 2016

Depuis la parution de cet article en 2012 ma pratique autour de la tomate a bien évoluée :

J’ai abandonné le point 7, même si l’ortie n’est pas très profond dans le sol il y a risque de putréfaction. Je préfère concocter des extraits fermentés d’ortie et de consoude et fortifier mes plants de cette manière.

Préventivement, le bicarbonate de soude, permet de limiter les attaques du mildiou sur les plants, avec toutefois une limite en fin de saison, notamment quand les pluies durent plus de 4-5 jours et quand les températures rafraîchissent bien. Le bicarbonate de sodium fonctionne partiellement en curatif en ralentissant grandement la propagation du mildiou sur les tiges : Voir mon expérimentation à ce sujet.

La meilleure prévention contre le mildiou est d’offrir un toit aux tomates (point 15).

Pour avoir d’autres conseils, du semis à la récolte, en passant par la fertilisation naturelle et la production de semences, je vous invite à lire cet article sur la culture de la tomate.

Et pour une totale réussite je vous invite à lire l’excellent livre de Nicolas : Anti-mildiou.

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